Presque chienne

La nuit fût tourmentée. A l’heure dite, je me présentais, essoufflé, devant la porte de Madame. Mon essoufflement était plus dû à mon émotion qu’aux étages avalés à pied.
Je fus accueilli par un sourire, aussi accueillant que le regard était gelé. La tenue était raffinée, le maquillage subtil. Aucun doute, j’étais attendu !  Les premiers mots me placèrent avec amabilité mais tact dans ma situation de soumis. Madame maîtrisait l’art de me mettre dans une situation inconfortable, avec beaucoup d’humour, loin des stéréotypes et images préconçues. Mon questionnaire avait été lu. Les questions et les remarques piquaient comme des aiguilles. À chaque remarque, je perdais un vêtement. J’avais le sentiment d’être un enfant de Marie que l’on prend la main dans le pot de confiture. J’étais nu face à Madame, le sexe en berne, honteux.

Après la douche je me présentais à la porte du salon. Les échanges que nous venions d’avoir ne me laissaient aucun doute sur le professionnalisme de Madame. En passant la porte j’entrais en confiance dans un monde dont j’ignore quasiment tout. L’enfant de Marie allait se faire croquer.
L’ambiance était feutrée. Une musique électronique remplissait le silence. Je me tenais les yeux fermés, les mains ouvertes, debout le long du tapis. Madame me plaça entre les mains sa vierge de Guadalupe. Un souvenir d’un voyage au Mexique ? A peine le temps de sentir les contours de la statuette que Madame m’attache un collier bientôt suivi d’une laisse… me voilà presque chienne.
Avec sa voix douce elle m’entraîne derrière un rideau. Rapidement à genoux, je fouille dans la collection de godes de Madame. Les yeux toujours fermés je dois choisir parmi qui, à mon avis, pourront me pénétrer. Me voilà soudain très modeste… Trop modeste !  Madame m’encourage à plus d’ambition. Pour un soumis qui fantasme sur un fist, c’est décevant… Mon questionnaire à décidément été bien étudié. La grosse Berta restera à droite.

Les situations s’enchaînent dans une ambiance où la musique rythme les supplices, où la respiration se synchronise aux basses émises par les enceintes. Madame maltraite mon téton gauche, elle aspire, elle le mord… Je serre les dents. Je tourne mon visage vers sa chevelure rousse. Je sens son parfum, sa proximité m’émeut. Quelques millimètres séparent nos peaux.
Elle se redresse. Son regard se plante dans le mien. Je pensais qu’on ne devait pas regarder Madame dans les yeux, mais c’est elle qui le demande.

Quelques instants après des électrodes /de la machine à électricité/ entourent mon sexe. J’ignorais ces pratiques. Est-ce douloureux ? Par chance, les électrodes sont placées sur le gland et non sur les testicules. Je déchante rapidement. La manipulation de ces dernières déplace les décharges dans l’intégralité de mon sexe. Avec expérience, Madame intensifie le signal, change le rythme et la longueur d’onde du courant qui traverse mon intimité.
A chaque occasion je me frotte à elle comme un chien à la jambe de son maître. Je deviens chienne.

L’insertion de la collection de godes dans mon cul laisse Madame sur sa faim. Visiblement j’ai été prétentieux. Pour ménager mon anus délicat j’aurai droit à un petit vibromasseur qui résonnera avec l’électricité. Les gifles et fessées viendront probablement combler la déception de Madame.
Armée d’une cravache Madame corrige mes testicules qu’elle a préalablement attachées. Mes spasmes, mes cris la font rire à gorges déployée. Je me débats pour avaler des gorgés d’air chargé de son suc. A plusieurs reprises Madame éloigne mes mains qui tentaient de s’interposer et de protéger mes deux ridicules boules. Je suis partagé par l’immense plaisir d’être le siège de Madame et la douleur des coups.
Madame rit. Elle semble heureuse c’est donc un plaisir pour moi.

/…/

Avec une infinie précaution Madame m’aide à me relever. Le vouvoiement est revenu. Nous sortons de notre bulle sous le regard de Marie qui n’a rien raté.

J’ai aimé ces mots murmurés dans le creux de l’oreille. J’ai aimé lui dire que j’étais à elle. J’ai aimé découvrir ses parfums.
J’ai aimé la sensualité de nos effleurements. J’ai aimé l’énergie qu’elle a mise tant dans la préparation que dans l’exécution. Il y avait de la spontanéité mais aucun amateurisme.
J’ai aimé cette douleur qu’elle m’a donné avec beaucoup de retenu en respectant mes capacités.
J’ai aimé ses jouets. J’ai aimé son imagination qui semble sans limite. J’ai aimé son langage adapté à chaque situation. J’ai aimé sa culture et sa passion pour ce monde du SM.
J’ai aimé sa liberté et son ouverture d’esprit.

Témoignage de Gingembre.