Racines du plaisir voyeuriste

« Mais si, allez-vous doucher, je vous ai quand même fait pipi dessus ! ».

Cet ordre, souvenez-vous, vous l’avez intimé en riant le 16 mars 202* à 21h, deux heures après qu’un type lambda qui ne s’appelait pas encore « flonflons » ne sonne à votre porte. Mouillé de votre urine, quelques lambeaux de cellophane encore collés à la poitrine, les fesses rougies et le cul luisant de lubrifiant, je me relevais péniblement du tapis rouge posé sur le parquet de l’Alambic.
Le plus bizarre ? Que tout cela ne paraisse aucunement bizarre, justement. D’autant plus qu’une épiphanie fulgurante, grandiose, transcendante, venait de s’imposer à mon esprit : vous êtes belle, Madame, quand vous me faites pipi dessus.
Je m’interroge encore à ce jour sur ce qui chez vous avait piqué ma curiosité et m’avait incité à solliciter une entrevue. Vos écrits licencieux, votre voix hypnotique, vos photos décalées ? Sans doute le mélange de tout cela. Le petit monde de Madame Lule dans lequel, dès ce premier rendez-vous, j’ai visiblement égaré quelque chose d’important qui me manque et me rappelle à vous. Je ne sais pas ce que vous m’avez dérobé, mais cachez-le avec soin, ici, tout contre votre sein, là où il m’est interdit de m’aventurer.
Vous avez récemment publié un texte intitulé « Obsession ». J’ai moi-même cru un temps être devenu obsessionnel, captif d’une fantasmagorie et obnubilé par un personnage de scène. Puis, j’ai éprouvé pour vous de la tendresse, de la peine. J’ai été heureux pour vous, inquiet pour vous. Enfin, un jour, pour une raison probablement futile que j’ai oubliée depuis, je vous ai haïe. De cette haine dévorante, viscérale, que je ne n’accorde qu’à ceux que j’aime profondément.
Pour quelle raison vous ai-je écrit alors que rien ne me manquait ?
Quelles sont les racines du plaisir voyeuriste que j’éprouve en vous regardant me tourmenter ?
Que sommes-nous l’un pour l’autre et que serons-nous demain ?
J’ignore tout cela et plus encore. Je m’en moque. Parce que ma vie affective n’a pas à être la quête de réponses effrénée qu’est ma vie professionnelle, je choisis de laisser ces questions en suspens. En somme, de laisser pisser.
Une sage décision pour ce 16 mars anniversaire qui, comme chacun sait, est dans le calendrier républicain le jour du pissenlit.
flonflons,
qui en ce jour un peu particulier pour lui se hasarde à vous embrasser. Respectueusement, sur le vernis de vos orteils-cacahuètes. Et peut-être sur le trident serpentiforme lové sur votre cheville. Avec circonspection tout de même, car il ne sait pas très bien jusqu’où il a le droit de remonter.
Texte de flonflons.
Photo de Jinklab.

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