Plaisir de l’obéissance

Après lui avoir donné la permission de jouir sur mon bas, je pointe mon mollet résillé :
– Lèche !
Il esquisse un refus dégoûté que je brise d’un :
– Vite ! Lèche !
– Je ne peux pas, Madame.
– Et pourquoi tu ne peux pas ? Obéis, dépêche-toi !
Il s’exécute à contrecoeur, feignant de mettre de l’ardeur à sa tâche alors que vu d’en haut, depuis mon trône de Reine, il est clair qu’il s’efforce de contourner son oeuvre. Je pense aux enfants qui, sommés de ranger leur chambre, tentent de négocier puis, contraints, s’y attellent avec une mauvaise volonté manifeste, musardent en soulevant de vagues jouets puis finissent par tout planquer sous le lit.
– Mieux que ça ! Applique-toi !
Il grogne de protestation et ralentit encore l’allure.
– Vite, ou je ne te reçois plus !
Je l’aurais fait, sans doute. C’est à cette minute une question vitale de suprématie, un point d’honneur sur lequel il est exclu de transiger.
– Je ne peux plus, Madame…
– Je m’en fiche ! Il en reste ! Je t’ai accordé une faveur et tu t’en montres indigne ? Tu ne crois pas, dis, que tu peux te laisser aller et repartir comme si de rien n’était ? Oh, le beau soumis que voilà ! Je te dis de nettoyer tes cochonneries, alors tu le fais… Maintenant ! Compris ?
– Oui.
– Oui Madame.
– Oui Madame, pardon Madame.
Et il lèche, de haut en bas, jusqu’à la nausée.
Je l’observe en me demandant si, après ce demi-conflit, je le perdrais comme habitué. Peut-être. Tant pis. La domination professionnelle est souvent une ligne de crête entre sévérité et clémence. Il importe de trouver le bon dosage, de s’aventurer jusqu’à la possible fracture pour s’arrêter juste à temps, avant,
avant d’être écoeuré de soi-même et de son iniquité,
avant de causer des dommages psychiques ou physiques,
avant que le client n’oppose un « non » absolu, le safeword en coup d’arrêt à la séance.

Je pense à ce subtil art de la conduite, Françoise Sagan pieds nus pilotant ses bolides pour s’envoyer, un jour de bel accident, droit dans le décor. Car même dans les séances les plus dures, celles qui impliquent de projeter mon énergie comme une balle de gros calibre, une partie de moi s’interroge :
Ai-je le droit d’imposer ceci ou cela ?
N’est-ce pas trop (dur, dégradant, dommageable) ?
Qui suis-je ?
Il existe en moi une partie poreuse, sensible, attentive aux soubresauts, micro-mouvements et non-dits, la partie qu’il ne faut, paraît-il, jamais montrer aux clients de peur que ne sombre l’image – l’illusion ? – de puissance qui les fait ramper, toutous sans collier,
la partie qui sans doute fait de moi une « bonne Domina » professionnelle ou privée, à l’écoute plutôt que sourde, consciente de ce qui se joue de l’autre côté du martinet,
une partie qui se met en retrait lorsque, certaine de ma force, de mon bon droit, de mes prérogatives de femme blonde et belle, du pouvoir que confère l’argent versé pour mes services, je deviens roc, falaise, volonté d’un bloc dressé du chignon aux talons,
et que j’ordonne,
et que j’exige,
et que je soumets, alignée à la parfaite verticale de mon fil à plomb intérieur.
– Tu as tout léché, c’est bien. Bon chien.
Je tapote sa joue. Il sourit.

Deux jours après notre séance, un mail :
« Bonjour Madame,
J’ai adoré quand vous m’avez demandé de tout nettoyer en m’y obligeant ! J’en suis encore tout ému…
Bonne journée, et merci encore pour ce beau moment. »

Aucun doute, il y a une sombre joie à obéir.

 

Écrit par Madame Lule, Dominatrice à Paris.
Tous droits réservés.

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