Ballon prisonnier

Texte initialement publié dans La Férule : laferule.com
Après lecture, vous voulez vous aussi devenir mon ballon prisonnier ? Envoyez-moi un mail, je peux arranger une session de shibari avec une encordeuse disposant d’un point d’attache pour les suspensions.

 

Il est venu à l’adresse que je lui a textée une heure auparavant. Rue P**, après une longue barre d’immeubles qui ne paye pas de mine. Rue P**, ce n’est pas chez moi, il le sait comme je sais que le sachant, il vibrera de peur et d’excitation.
Que puis-je bien lui réserver ?

Voilà une heure que Savannah, mon amie encordeuse, l’attache sur mes instructions. Suspendu entièrement nu au portique en bambou, deux projecteurs braqués sur lui, entravé bras au-dessus de la tête, il crie.
La corde qui relie ses poignets à ses genoux oblige sa nuque à se courber. Bon gré mal gré, il adopte la position de l’esclave tête basse devant sa Maîtresse, avec deux tours de chanvre en travers de la bouche en guise de bâillon. Ne lui avais-je pas déjà dit qu’il était trop bavard et qu’un jour, il le regretterait ?
– Et devine quoi… ce jour, c’est aujourd’hui ! me mets-je à triller, guillerette.
Il sursaute à ma voix, sorti dans un cahot de sa transe, avant d’y replonger paupières closes. Douleur, contrainte et apesanteur sont son lot, oh oui, comme tension, brûlure et fatigue de tous ses muscles alors qu’il se disloque pour annuler la contrainte de la prison que Savannah lui a savamment façonnée.
Son minuscule espace de liberté à lui, c’est de se balancer en espérant gagner un centimètre de jeu. S’échapper, il n’y songe même pas tant les cordes sont serrées. Puis quoi ? S’il se déliait, il tomberait face en avant, à plat sur le tatami, tel un pigeon fauché par la grenaille du chasseur.
Autant rester en l’air, non ?

– Et un, et deux ! dis-je en poussant notre gros pigeon dans le dos.
– Et trois ! complète Savannah en m’imitant.
Voilà que nous nous amusons à le faire voltiger en riant aux éclat. De pigeon il devient ballon, ballon prisonnier bien sûr, un gros ballon qui, je trouve, crie beaucoup trop fort.
– Silence ! dis-je, alors que Savannah libère une corde.
Notre ballon bascule en avant, tête la première. Sa salive pulse entre ses dents, gouttes, rivière, torrent qui charrie ses grognements, ses cris, ses protestations et ses menaces… sauf que les cordes fourrées dans sa bouche déforment tous ses mots :
– Cha vous amuse, pukains de chadiques ?! Chai mal ! Faites-moi dechendre, deschendre !
Mon amie et moi, campées face à lui bras croisés, sublimes figures de son idéal de la cruauté faites femmes, nous moquons en choeur :
– Mais qu’est-ce qu’il baragouine ? Tu as compris, toi ?
– Rien ! Peut-être que si on le pousse encore, ça sera plus clair ?
– Essayons !
– Un, deux…
– Trois !
– Encore !
– Plus fort !
– Plus haut !
– Plus loin !
Lui, pigeon-ballon-voltigeur fou, répète en s’étouffant dans sa bave et sa morve, crachant, feulant, se tordant de rage « Pukains de chadiques ! Pukains de chadiques !! alors que sur le tatami, sa reddition liquide n’en finit plus de pleuvoir entre nos pieds.
Même qu’à la fin, il a joui.

Écrit par Madame Lule, Dominatrice à Paris.
Tous droits réservés.
Modèle : Wilfried. Photographe : S.

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